Décor subi
Décor subi
Andreas Hochuli
Adepte de l’usage des mots dans sa peinture, l’artiste Andreas Hochuli signe un premier essai percutant: phrases nominales et style haché soutiennent une exploration multifacette du rôle des objets dans nos habitats. De la merde en plastique à l’œuvre d’art canonique, les objets sont créateurs d’atmosphères, deviennent ‘vivants’ au contact des habitant·es – une conversation sera plus vive sur une chaise inconfortable que dans un canapé moelleux – et sont toujours investis de symboliques. L’aménagement intérieur offre ainsi un potentiel narratif qui doit favoriser l’image fantasmée de soi. Puisant dans sa propre expérience (autobiographie) et dans la théorie (architecture, sociologie, psychanalyse), frôlant parfois la fiction, l’auteur aborde diverses thématiques (figure du collectionneur, sous-genre cinématographique du Old Dark House, gentrification) dans de courts chapitres savamment agencés. Il conçoit aussi le graphisme du livre, marqué par son obsession de l’encadrement, et intègre des images glanées sur des sites immobiliers et des pages lifestyle.
Andreas Hochuli (1982, né à Zürich et vivant à Gênes) a étudié l’Histoire de l’art, la philosophie et la littérature à l’Université de Lausanne (2007). Il est titulaire d’un Bachelor en Arts visuels de l’ECAL, Lausanne (2011). Double lauréat des Swiss Art Awards (2014 pour sa peinture, 2021 pour le projet texto-musical L’Acte pur), il est représenté par la galerie Heinzer Reszler. Il a exposé entre autres à la Kunsthalle Friart de Fribourg (2023), au Centre d’Art Contemporain Genève (2017) et au Kunsthaus de Langenthal (avec Charlotte Herzig, 2015). Son travail est présent dans les collections de la Confédération helvétique, Roche, Ricola, Julius Baer et le Fonds Cantonal d’Art Contemporain de Genève, le FRAC Nouvelle Aquitaine.