TUNNEL TUNNEL a le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition collective ‘Futurs à gogo’ le jeudi 5 novembre 2026 à 18h.
Curation de Mélody Lu
‘ Lorsque je vivais à Paris, je passais une bonne partie de mon temps à la BPI, la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, probablement l’un des seuls endroits à Paris ouverts à tous.tes sans discrimination, où l’on peut aller consulter ses mails, dormir sur des fauteuils, charger son téléphone, regarder des vidéos obscures ou chercher tout les livres existants sur X artistes d’une époque donnée.
Je n’ai jamais noté la référence, mais je me rappelle clairement y avoir lu une biographie d’Osamu Tezuka : il y était expliqué à quel point c’était un visionnaire et qu’il aurait dessiné les échangeurs d’autoroutes, tels qu’on peut les voir aux États-Unis, avant même que ceux-ci ne soient construits pour de vrai.
L’hyperstition est un néologisme que l’on attribue au groupe de recherche Cybernetic Culture Research Unit (CCRU) : l’hyperstition est une croyance ou idée fictionnelle qui, en se répétant ou se propageant, finit par influencer la réalité. C’est une fiction productive capable d’orienter, vous l’aurez compris, le cours de l’histoire.
Dans La Parabole du semeur d’Octavia E. Butler, elle y imagine un monde où il faut se regrouper en communauté et se barricader derrière des hauts murs pour se protéger de la violence et de la folie ambiante, et où l’esclavage salarial devient une norme (pour résumer très rapidement). J’ai eu la brève impression, encore une fois, que ce qu’elle décrivait était dangereusement proche de notre époque. Dans l’épisode Where has my country gone de South Park, sorti il y a dix ans, en 2015, Garrison-Trump se lançait déja dans une campagne absurde pour empêcher les Canadien·nes d’immigrer aux États-Unis, jusqu’à construire un mur séparant les deux pays, etc.
De plus en plus de théoricien·nes parlent de la lutte pour le futur, ou de la nécessité de s’atteler à réécrire de nouvelles fictions productives pour reprendre le contrôle sur notre avenir. ’
Mélody Lu
Caroline Bischoff est une artiste multidisciplinaire basée entre Lausanne et Bâle. Elle travaille avec la vidéo, la sculpture, le dessin et l’écriture, et poursuit actuellement un master à l’Institut Art Gender Nature. Dans sa pratique, elle se réapproprie, fabrique et transforme multitudes d’images, d’objets, de symboles et de récits pour composer des réalités alternatives. Des marguerites dégonflées, des pantalons noirs devenant chats et des dopelgängers décharnés peuplent des paysages colorés, où jeux de pistes manoeuvrent, s’activent et traduisent des possibles.
Réda Boussella est un artiste dont les médiums de prédilection sont la peinture, le dessin, la performance et l’écriture. À travers une esthétique faite de cartoons, de gags, de chutes et de pièges, il investit les pratiques iconographiques subalternes et les reliquats de l’orientalisme. Dans ses expositions, vous traverserez tantôt un vestiaire d’usine, un manège orientaliste ou une station balnéaire. Des lieux où les images s’impriment sur des serviettes, se collent à des casiers ou défilent à toute vitesse dans une boîte noire.
Anouk Chambaz travaille l’image en mouvement, explorant les espaces de tension entre les lieux, leurs habitant·e·x·s et leurs désirs. Elle a étudié le cinéma à l’ECAL (École cantonale d’art de Lausanne) et la philosophie à l’Université La Sapienza de Rome. En parallèle, elle est assistante au département cinéma de l’ECAL et sélectionne les courts expérimentaux au Lausanne Underground Film & Music Festival. Elle a co-fondé Rasoir Bouée, association dédiée aux expérimentations cinématographiques et sonores.
Imranerepresents est le pseudonyme d’Imrane, une présence internet, son travail prend une forme photographique, vidéo et éditoriale. Il a comme matière première l’auto-fiction, le divertissement, le para-social, la narration spéculative, les attentes de l’audience, parfois les mots souvent lui-même. Mise en scène du Soi - Divertissement – Influence – c’est justement ce flou, propre au contexte historique mais aussi économique, entre figure publique, influenceur? qui donne vie à sa démarche. Il a fondé en 2026 la revue POV:FRENCHCULTURE aux éditions Tumulte.
Accessibilité
L’espace est accessible en chaise roulante avec une entrée de plain pied depuis la rue, pas de WC PMR.